Algérie : le plan de Djamel Belmadi pour relancer les Fennecs
Après la terrible désillusion vécue face au Cameroun et son absence lors de la Coupe du Monde 2022, l’Algérie va devoir se reconstruire et se réinventer. Maintenu à la tête des Fennecs, Djamel Beldmadi a livré les grandes lignes de son nouveau projet.
Un homme à terre. Voici la dernière image que l’on avait de Djamel Belmadi. En effet, le 29 mars dernier, le sélectionneur de l’Algérie s’était effondré sur la pelouse du stade Mustapha-Tchaker de Blida après la défaite 2 à 1 face au Cameroun et la terrible élimination de la course au Mondial 2022. Un incroyable coup sur la tête du technicien algérien qui rêvait d’amener son pays au Qatar, là où il a connu ses premiers succès sur un banc et là où il a élu domicile. Mais Belmadi ne réalisera pas son rêve, à moins que le recours déposé par la FAF pour rejouer le match face au Cameroun aboutisse. Ce qui paraît peu probable.
Abattu et déçu, le sélectionneur national, qui avait réglé ses comptes avec l’arbitre en conférence de presse après le match puis à l’aéroport d’Alger, avait lâché une bombe en avouant qu’il se questionnait au sujet de son avenir. Malgré cet échec, les supporters des Verts comme la presse algérienne ont vite milité pour qu’il reste le coach des Fennecs, n’oubliant pas qu’il est l’homme qui avait mené la sélection au sacre lors de la CAN 2019. La FAF, en pleine guerre en coulisses, a, elle aussi, tout fait pour que Belmadi garde les commandes de l’équipe fanion.
Le sélectionneur ne digère toujours pas
Tous ces soutiens et cet amour ont visiblement convaincu le technicien âgé de 46 ans de poursuivre sa mission avec l’Algérie. Il a officialisé la nouvelle hier lors d’un entretien diffusé par FAF TV. L’occasion aussi pour lui de tacler à nouveau l’arbitre Bakary Gassama. «On ne laissera plus jamais 2-3 personnes conspirer contre nous. Aucun arbitre ne viendra mettre à mal tout un pays. Quand j’ai vu cet arbitre assis au salon de l’aéroport le lendemain prendre un café comme si de rien n’était.. J’ai pris l’avion, je l’ai vu en Turquie pour lui dire ce que je pensais», a-t-il commencé par déclarer.
Il a ajouté ensuite : «nous, quand on va en Afrique, on n’a pas les mêmes faveurs. On vole les espoirs de tout un pays et on le laisse comme ça… Je ne dis pas qu’il faut le tuer. Mais on ne va plus accepter ce genre de situation. Si Dieu le veut, qu’on revive encore de nouvelles émotions positives. Les joueurs je les félicite, mais on devra faire beaucoup mieux. Tout le monde. Moi, le staff et c’est ce qu’on va faire.» Une sortie coup de poing de la part d’un Djamel Belmadi qui ne digère toujours pas visiblement. Plus calmement, le coach né en 76 a aussi évoqué d’autres sujets très importants comme la suite et ses idées pour relancer les Verts.
Il annonce des changements chez les joueurs
«De toutes les manières, avec ou sans qualification, beaucoup de choses allaient arriver après cette campagne. On est dans la perpétuelle réflexion, de comment faire du groupe, un groupe plus performant. Donc, c’est plus là-dessus qu’on va se baser, la reconquête de notre niveau, on le sait. À présent, il n’y a pas de match facile en Afrique (…) On est dans l’éternelle remise en question, donc évidemment ça sera mis à l’ordre du jour, évidemment qu’il y aura un effectif qui va évoluer. On cherche à être plus forts, que ce soit avec le groupe, la méthode de travail, les idées de jeu».
Et il devrait y avoir des changements dans l’effectif. «Évidemment, il y a eu des joueurs qui ont été présents contre le Cameroun et qui ne le seront pas en juin. Mais il y aura aussi un noyau qui a été touché, car les joueurs voulaient cette qualification. Il faudra se réinventer, renvoyer de la force au projet qu’on veut mettre en place et il faudra qu’on adhère à ça. Il va y avoir l’avènement de joueurs, qui vont devoir faire comme l’ont fait en leur temps Belaïli, Bounedjah, Youcef Atal, Benlamri et Bennacer. Ce sont des joueurs qui ont commencé a jouer avec nous».
De nouveaux binationaux bientôt avec les Fennecs ?
Il poursuit : «j’appelle les joueurs qui vont nous rejoindre à être dans ce même état d’esprit et montrer qu’ils ont le niveau pour aller faire de grandes choses. Je les invite à venir prendre des places en sélection, il n’y aura pas de cadeaux». Un message à destination des joueurs locaux mais aussi des binationaux. Compétition a d’ailleurs dévoilé la liste des joueurs suivis par l’Algérie. On y retrouve Amine Gouiri (Nice), Rayan Aït-Nouri (Wolverhampton), Yacine Aldi (Bordeaux/AC Milan), Romain Faivre (OL), Akim Zedadka (Clermont) ou encore Anthony Mandrea (Angers).
D’autres, eux, vont prendre leur retraite internationale comme Adlène Guedioura. Feghouli, Mbohli, Benlamri ou encore Slimani, eux, attendaient de connaître la décision de Belmadi. Un technicien qui va aussi devoir tirer le meilleur de cadres dans le dur, à l’image de Youcef Belaïli et surtout Riyad Mahrez, un capitaine pointé du doigt pour son niveau et son investissement en sélection après sa CAN 2022 et ses prestations face au Cameroun. Le chantier est donc immense pour Djamel Belmadi qui veut plus que jamais ramener l’Algérie au sommet.
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