Supporters sénégalais au Maroc : Le procès encore renvoyé, l’inquiétude grandit

Arrêtés dans la foulée de la finale de la CAN 2025 le 18 janvier dernier, les supporters sénégalais restent en détention à la prison d’Al Arjat. Leurs proches, qui espéraient une libération cette semaine, devront patienter au moins jusqu’à la mi-février.

🗓️ Un nouveau report au 12 février

L’audience qui devait se tenir hier, jeudi 5 février, a été officiellement renvoyée au jeudi 12 février 2026. Ce troisième report consécutif est justifié par plusieurs facteurs :

  • Grève des avocats : Le mouvement de contestation des avocats marocains a une nouvelle fois paralysé le déroulement normal de l’audience.
  • État de santé : Information préoccupante, deux détenus auraient été évacués en urgence vers une structure hospitalière peu avant l’audience pour des raisons de santé non précisées.

👮 Les chefs d’accusation

Les 17 ressortissants sénégalais (certaines sources mentionnent 18) sont poursuivis pour des faits qualifiés de « droit commun » par la justice marocaine :

  1. Hooliganisme et actes de vandalisme.
  2. Violences exercées sur des agents des forces de l’ordre lors des incidents survenus après le coup de sifflet final de la CAN.
  3. Accès frauduleux à l’enceinte du stade.

🇸🇳 Une mobilisation diplomatique intense

À Dakar, le gouvernement ne reste pas inactif. La ministre des Sports, Khady Diène Gaye, ainsi que les services diplomatiques, multiplient les échanges avec les autorités marocaines.

  • Demande de liberté provisoire : Les avocats de la défense ont introduit une demande de mise en liberté provisoire sous garantie, mais le tribunal de Rabat n’a toujours pas rendu de décision formelle à ce sujet.
  • Soutien du 12e Gaïndé : Seydina Issa Laye Diop, président du Comité des supporters, reste en contact permanent avec les familles et dément régulièrement les rumeurs de libération anticipée qui circulent sur les réseaux sociaux.

🎙️ L’analyse de Sunusport

L’affaire prend une tournure délicate où le judiciaire se mêle au diplomatique. Si les faits de vandalisme sont réels, la défense pointe du doigt des images prouvant que certains supporters ont également été victimes de violences de la part de civils marocains. Pour le Sénégal, l’enjeu est de ramener ses fils avant que la situation sanitaire de certains détenus ne se dégrade davantage. La date du 12 février est désormais marquée d’une pierre blanche : elle pourrait être celle du verdict ou, au moins, d’une mise en liberté provisoire attendue par tout un peuple.

sunusport