Tunisie : « On rêve trop, on ne …. », le cri du cœur fracassant de Mejbri

L’élimination de la Tunisie en 8es de finale de la CAN 2025 face au Mali (1-1, 2-3 t.a.b.) a laissé place à une autocritique d’une rare violence. En zone mixte, Hannibal Mejbri a pointé du doigt les carences structurelles et mentales de son pays, appelant à une révolution totale.

Par la Rédaction de Sunusport — Dimanche 4 janvier 2026


📉 Un fiasco malgré la supériorité numérique

Le scénario du match contre le Mali est symptomatique des maux dénoncés par Mejbri. Malgré une supériorité numérique dès la 26e minute (expulsion de Coulibaly), les Aigles de Carthage n’ont jamais su prendre l’ascendant, s’inclinant finalement lors de la séance fatidique des tirs au but. Pour le milieu de Burnley, le problème n’est pas tactique, il est profond.

🎙️ La mise au point d’Hannibal Mejbri : « On est en retard sur tout »

Visiblement très ému et lucide, le joueur de 22 ans n’a pas utilisé la langue de bois habituelle des zones mixtes :

« On est en retard dans notre football, et ça il faut le dire. On doit tous s’asseoir autour d’une table, tous les responsables, et se poser les réelles questions. Ça me fait mal au cœur car je ne vis pas en Tunisie, mais je ne peux pas ne pas en parler, c’est triste. »

⚠️ Le complexe du voisinage

Le constat le plus cinglant de Mejbri concerne la comparaison avec les puissances régionales du Maghreb et du continent :

  • Progrès des voisins : « Quand on voit l’Algérie, le Maroc, tous les pays d’Afrique progresser sauf nous, sur tout, je n’ai même pas les mots. »
  • Problème de mentalité : « Par où il faut commencer ? Notre mentalité je pense. Désolé, mais on rêve trop et on ne travaille pas assez peut-être. »
  • Reconstruction : « Il faut vraiment qu’on reprenne tout à zéro. Tout. »

🔍 L’analyse de Sunusport

Cette sortie est sans doute l’une des plus marquantes de l’histoire récente de la sélection tunisienne. Hannibal Mejbri, binational formé en Europe, met le doigt sur un décalage entre le talent brut des joueurs tunisiens et le manque d’infrastructures et d’organisation de la fédération (FTF).

En citant le Maroc et l’Algérie, il souligne l’écart qui s’est creusé en termes de formation, de logistique et de vision à long terme. Pour la Tunisie, cette élimination face au Mali ne doit pas être vue comme un simple accident de parcours, mais comme le signal d’alarme d’un système à bout de souffle.

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