Fatma Samoura veut mettre l’accent sur la gouvernance et la diversité


Lors du 66ème Congrès de la FIFA, Fatma Samoura est devenue la première femme et la première non-Européenne à être nommée au poste de Secrétaire Générale de la FIFA. Lundi 20 juin, la Sénégalaise a officiellement pris ses nouvelles fonctions au Siège de la FIFA de Zurich, un peu plus de six semaines après cet événement historique.

Entre ses premières réunions de travail avec le Président de la FIFA Gianni Infantino et les membres du personnel, la nouvelle Secrétaire Générale de la FIFA a pris le temps de s'entretenir avec FIFA.com pour présenter son approche sur quelques questions essentielles de son mandat.

"Je veux injecter de la diversité, plus d'égalité, une meilleure structure de gouvernance, un système de contrôle et d'évaluation plus rigoureux et l'obligation d'informer et de mettre en avant les bonnes actions réalisées par la FIFA", a résumé la Secrétaire Générale de la FIFA.

FIFA.com : Quelles sont vos priorités pour ces premières semaines à la FIFA ?
Secrétaire Générale Samoura : La première d'entre elles consistera à terminer mon évaluation des personnels et à boucler le recrutement des cadres exécutifs le plus rapidement possible. Nous parlons ici de postes très stratégiques : Administrateur en chef des finances et Administrateur en chef de la Conformité, mais aussi des secteurs comme les ressources humaines, la communication et le développement. Ce sont des postes très importants, pour lesquels nous devons trouver les bons candidats. Nous pourrons ensuite mettre en action les programmes et les projets de la nouvelle équipe FIFA.

Ma deuxième priorité va m'amener à m'intéresser plus particulièrement à nos employés, qui ont subi un stress considérable au cours des 12 derniers mois en raison des scandales liés à la corruption. Cette situation a eu un impact négatif sur leur moral. Je suis là aussi pour les aider à remonter la pente. Ma troisième priorité est de veiller à ce que les nouvelles directives de la FIFA, qui ont été approuvées lors du récent Congrès, soient connues et intégrées. Il faut que le personnel se familiarise avec elles.

Enfin, je veux injecter de la diversité, plus d'égalité, une meilleure structure de gouvernance, un système de contrôle et d'évaluation plus rigoureux et l'obligation d'informer et de mettre en avant les bonnes actions réalisées par la FIFA.

Vous avez un profil atypique dans le football. Que peut apporter votre longue expérience aux Nations Unies à la FIFA ?
La FIFA est l'ONU du football. L'organisation fonctionne avec des personnes issues de milieux culturels, religieux et géographiques très différents. Mais le football reste le grand rassembleur. Il unit les individus. En acceptant ce poste, je me suis retrouvée confrontée à un défi : identifier le lien entre mon travail à l'ONU (restaurer la paix et ramener la cohésion entre belligérants) et le football. Le football est un sport qui peut surmonter les barrières sociales, linguistiques et religieuses. Dans l'ensemble, je n'ai pas l'impression d'avoir changé de métier. Bien sûr, j'évolue sur un autre terrain mais du point de vue du développement, il existe de nombreuses similitudes entre le football et mon travail à l'ONU, qui consistait essentiellement à replacer les individus au centre des décisions de l'organisation. Aujourd'hui, je dois replacer le football au centre des décisions de la FIFA.

Comment comptez-vous diriger cette administration, qui a connu une période agitée ?
Le travail d'audit est en cours. J'espère que les résultats de l'audit financier seront bientôt disponibles, afin que les procédures légales puissent suivre leur cours. Je suis bien consciente que nous ne voyons que la partie émergée de l'iceberg, mais je ne veux pas que ces procédures nous détournent des véritables buts et des ambitions de cette organisation. J'essaye de dissocier au maximum les deux aspects. Je ne veux pas que tout le monde se focalise sur les questions légales liées aux affaires de corruption. Ce qui nous intéresse, c'est le fonctionnement de la FIFA au quotidien. Mon rôle consiste à m'assurer que les erreurs du passé ne seront pas reproduites par la nouvelle équipe exécutive. Pour ce faire, nous devons tirer des leçons du passé et intégrer les bonnes pratiques.

Vous êtes la première femme et la première non-Européenne à occuper le poste de Secrétaire Générale de la FIFA. Comment ces caractéristiques se traduiront-elles dans votre gestion et vos priorités ?
Pour moi, le fait de nommer une femme à une position de dirigeante de l'un des principaux postes de la gouvernance du football, un domaine traditionnellement dominé par les hommes, représente un signal fort. Le Président joue le jeu de la diversité. Ma touche personnelle en tant que femme sera de renforcer l'égalité dans notre recrutement, ce qui signifie que nous aurons plus de femmes aux postes de direction de la FIFA. Je compte aussi m'intéresser à la façon dont un jeu qui transcende toutes les communautés peut mettre un accent particulier sur les femmes. Les femmes représentent 50% de l'humanité. Aucune institution ne peut remplir ses objectifs en commençant par mettre de côté la moitié de la population.

Pour finir, quel est votre plus beau souvenir de football ?
Ah, je crois que ma réponse va décevoir beaucoup de Français. En tant que Sénégalaise, je conserve un souvenir ému de la victoire du Sénégal sur la France (1:0), en ouverture de la Coupe du Monde 2002. C'était la première fois que notre équipe nationale prenait part à cette compétition et nous venions de battre les champions du monde en titre. Pour mes concitoyens, gagner ce match, c'était un peu devenir champions du monde à notre tour. Cette équipe était un symbole fort , le football sénégalais et le peuple sénégalais en garde de très bons souvenirs.

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