CAN 2019 : Le Sénégal, obstacle insurmontable pour la Tunisie ?


Parvenue à se hisser en demi-finale malgré un parcours jusque-là très poussif, la Tunisie ne partira pas avec les faveurs des pronostics ce dimanche (16h) contre le Sénégal et son effectif cinq étoiles. Plusieurs éléments laissent cependant à penser que cette affiche pourrait être plus indécise qu’il n’y paraît.

La longue disette a pris fin. Tombeur de Madagascar avec la Tunisie jeudi (3-0), Alain Giresse a de nouveau goûté à une sensation qui le fuyait depuis quatre ans et demi : celle d’une victoire en phase finale de CAN. Eliminé dès les poules en 2015 (avec le Sénégal) et en 2017 (avec le Mali), le technicien français a également connu un début de campagne très compliqué en Egypte, puisque les Aigles de Carthage ont dû attendre les quarts de finale pour remporter leur premier match dans le temps réglementaire.

Voir les Tunisiens dans le dernier carré de la compétition continentale relèverait d’ailleurs presque du miracle, tant leur parcours a été chaotique jusqu’à présent. Fonds de jeu peu emballant, gardiens maladroits, tensions en interne, coaching sujet à polémiques… L’aventure égyptienne aurait pu tourner au vinaigre pour Ellyes Skhiri et ses coéquipiers, incapables de battre l’Angola (1-1) et la Mauritanie (0-0) durant la phase de groupes. Mais ils sont toujours en vie et le combat qui les attend contre le Sénégal pourrait bien déboucher sur une petite surprise.

Enfin un déclic pour la Tunisie ?

Tout d’abord parce que le net succès acquis face à Madagascar – alors invaincu dans le tournoi – va peut-être avoir l’effet d’un déclic pour les troupes de Giresse. Pour la première fois, la Tunisie a rendu une copie convaincante sur le plan collectif, et cela du coup d’envoi jusqu’au coup de sifflet final. « C’est une bonne chose de marquer à nouveau des buts, souligne le sélectionneur des Aigles. Ça fait du bien que les joueurs retrouvent cette confiance. » « On a réussi à mettre en place notre jeu, ce qu’on n’avait pas pu faire lors du premier tour. On a fait un match solide », ajoute Wahbi Khazri.

L’autre donnée à prendre en compte, c’est que l’ancien milieu des Bleus a d’ores et déjà atteint l’objectif que lui avait fixé sa Fédération au moment de sa prise de fonctions, à savoir qualifier son équipe pour les demies. « J’ai pris conscience de ce que ça représente d’aller en demi-finales, il y avait un côté obsessionnel, avoue d’ailleurs Giresse. C’est un soulagement, mais pas une fin en soi. » Désormais délestés de toute pression, Youssef Msakni et consorts vont pouvoir jouer de manière décomplexée. Et ce d’autant plus que ce sera leur adversaire qui endossera le costume de favori ce dimanche (18h).

Le Sénégal avance, mais il n’impressionne pas

Cet adversaire, justement, a beaucoup moins tremblé depuis le début de la compétition. Mais il n’a pas non plus impressionné, loin de là. Facile vainqueur de la Tanzanie (2-0) et du Kenya (3-0), le Sénégal a en revanche trébuché sur le seul gros morceau qu’il a eu à affronter, autrement dit l’Algérie (0-1). Sadio Mané a déjà raté deux penalties et, surtout, est un peu moins tranchant qu’avec Liverpool. Cela s’en ressent forcément dans l’animation offensive des Lions de la Téranga, qui souffrent aussi du mutisme de Mbaye Niang.

En huitièmes comme en quarts de finale, les hommes d’Aliou Cissé ont assuré le service minimum face à des équipes d’un standing moindre, respectivement l’Ouganda (1-0) et le Bénin (1-0). Partis à la conquête du premier titre de leur histoire, les Sénégalais savent que la route risque de devenir plus escarpée. « Nous sommes près du but dans la mesure où nous sommes en demies, reconnaît le sélectionneur des Lions. Mais nous savons que le plus dur est à venir. » Les partenaires d’Ismaïla Sarr savent aussi sans doute que cette rencontre face à la Tunisie a tout du match piège. Méfiance, donc.

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